Contexte

Dans une commune comportant près de trente hameaux (appelés ici villages), souvent isolés les uns des autres par la neige, les maisons se regroupaient autour de leur chapelle. Ces chapelles étaient à l’époque entretenues grâce à des dons privés, et gérées par le curé entouré d’un conseil formé d’habitants du village.

Bâtie en 1737, la chapelle du Collet, commune aux habitants du Collet, du petit Collet, de La Tour et du Mollard est demeurée lieu de culte jusqu’au 25 juillet 1971.

La chapelle du collet
La chapelle avant restauration

Ce 25 juillet 1971, elle fut détruite par un incendie.

Commencèrent alors un travail, une mobilisation de près de trente années, pour préserver, reconstruire et restaurer cette chapelle.

Dans une époque où l’on estime souvent que se développent l’individualisme, le repli sur soi, cette mobilisation de trente années durant apparaît presque extraordinaire.

Pendant toute cette période, le travail de restauration fut le point de rencontre, de convergence de près de cinquante personnes, l’occasion de fêtes de villages, de cérémonies religieuses, le centre de lourds travaux de maçonnerie, de charpente, de réalisation de fresques…

Au-delà de cette analyse sommaire, comment faire sentir, dans un bref texte, cette qualité de relations, ce travail bénévole en commun pour réparer la charpente, préparer le mortier et faire les travaux de gros oeuvre, réparer la cloche, peindre les fresques ? Comment illustrer la chaleur des fêtes de villages organisées collectivement pour rassembler les personnes et pour financer les travaux ? Comment rendre compte des dons financiers ? Comment expliquer la poursuite de cet effort sur une durée aussi longue ? La foi chrétienne animait certains, le souci de l’histoire, le respect du passé, le besoin de recréer une vie collective ont poussé d’autres. Tous se sont retrouvés, ont réalisé et construit.

 

Mars 2017