La restauration

 

Quelques dates, quelques repères :

–  dans les années qui suivent immédiatement l’incendie de 1971, certains habitants des hameaux préservent le bâtiment, en faisant refaire la toiture. Au hameau du Mollard, des fêtes organisées pendant l’été permettent de réunir les premiers fonds et de souder le noyau de l’équipe future.

 – pendant les dix années qui suivent, une progression par petits pas permet chaque année une évolution : mobilisation : « estivants » et d’habitants du village qui nettoient la chapelle et son mobilier (aidés des jeunes de la colonie voisine) et, grâce à un travail de longue haleine, remettent les murs en état.

 – En 1983, les soldats du 13ème bataillon de chasseurs alpins (sollicités par l’équipe des restaurateurs) participent aux travaux en réalisant la chape de béton et le raccord de la toiture

– de 1983 à 1988, les travaux s’accélèrent, des habitants du village prennent en charge d’importants travaux de gros œuvre pour la charpente, la maçonnerie, le drainage .

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Louis B. et Emile C. en plein travail

Un professeur de dessin, Louisette Gaultier, travaillant en liaison avec un prêtre orthodoxe, fait œuvre de création originale en proposant que les murs de la chapelle soient ornés de fresques inspirées de l’art byzantin. Le parti ainsi pris est de ne pas tenter une restauration conforme au style baroque original (un peu comme, à Paris, la pyramide du Louvres ne tente pas d’imiter le style des bâtiments environnant, mais s’y intègre).

– Durant l’été 1988, les cartons représentant les projets de fresques sont exposés au public au hameau de La Tour.

Croquis "Don du Pain"Croquis « Don du pain »

Comme cela est la tradition dans beaucoup d’églises, certains habitants du village apparaissent sur les fresques. Dès l’été 1988, des habitants du village testent le premier enduit, sur lequel est peint le Saint Jean-Baptiste que l’on voit sur le mur extérieur.

 

En 1988, création de l’association « AVEC » (Association à Vocation Écologique et Culturelle). La restauration ne bénéficiera d’aucune subvention publique. Des dons privés et surtout l’organisation des fêtes de villages, les cotisations des adhérents, et tout le travail bénévole effectué permettront la restauration.

 – De 1989 à 1994, réalisation des fresques, par la technique a « fresco » de peinture sur enduit frais.
La porte, en mélèze, est confectionnée par des habitants du pays, après la combustion de la porte ancienne dans l’incendie.
L’autel, formé d’un tronc de cerisier et d’une lauze de schiste provenant du village voisin, est fait localement. Dans l’autel est présente la plaque d’ardoise qui contient les reliques de Ste Brigide.


Le clocher est refait à neuf.

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Le nouveau clocher
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Le nouveau clocher (autre vue)

La cloche initiale, fondue par Burdin aîné en 1884, avait été fendue par le choc thermique causé par les lances des pompiers lors de l’incendie de 1971. Un habitant du village, mettant au point une technique complexe de brasure, la remet en état, mais la cloche ainsi réparée sonne faux. On doit se résoudre à acheter une cloche neuve à Annecy. La cloche de Burdin aîné est déposée sur le sol de la chapelle, à gauche de l’entrée.

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L’ancienne cloche réparée
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La nouvelle cloche


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les vitraux modernes sont réalisés par Serge Magnin, artiste lyonnais.
Les habitants du village réalisent les travaux de finition extérieure (crépi)

 – La bénédiction de la chapelle et le baptême de la cloche ont lieu en 1996, lors d’une cérémonie présidée par le vicaire épiscopal de St Jean de Maurienne, et concélébrée par cinq prêtres. L’archiprêtre orthodoxe qui avait contribué à la création des fresques assistait à la cérémonie. (Une cassette vidéo représentant cette cérémonie est disponible auprès de l’association « AVEC »).
– Un « estivant » sculpte une statue de la Vierge à l’enfant, qui trouve sa place dans la niche .

 – En août 1998, il reste à paver le sol, à aménager les abords.

La chapelle est aujourd’hui un lieu vivant : lieu de célébration chrétienne, lieu visité par les touristes, lieu fréquenté par ceux qui cherchent, pour un instant, un moment de repos dans une promenade, lieu qui permet de renouer avec les racines et le passé, havre de paix

Trente ans de travail collectif, fête des dix ans de l’association « AVEC » : la restauration du passé, qui a permis l’échange, la rencontre, le dialogue, ouvre vers l’avenir.

 

Août 2017